imprese · vendée globe

Salt Song

vendeetime

« Leurs yeux papillotent comme ceux d’un enfant devant un arbre de Noël. Elle se voit depuis quarante milles, cette masse noire, cernée d’un anneau de Saturne, de brumes troubles à travers quoi s’étouffent des vols blancs. Deux couches de nuages, la plus haute immobile, la seconde fuyante, bouclent l’horizon et rendent l’approche écrasante, presque sinistre. Les chalutiers sud-africains, qui ont continué durant l’exil à écumer les fonds jusqu’à Gough et que l’automne austral va forcer au repli, font bramer leurs sirènes en guise d’accueil. Ils sont restés quelques jours de plus pour aider au déchargement. Sur tant de gris, ce sont seulement, à l’Est, de gros traits plus foncés, que pointillent les taches jaunes des suroîts, les taches blanches des baleinières descendant le long des coques. A terre où, fait plutôt rare, l’Union Jack pendouille au bout de son mât, rien n’a encore bougé. Mais quelque part sur le plateau, dont la saison a fait un tapis fauve ocellé de vert foncé par les bouquets de flax, une maison lâche un filet de fumée. Le cratère adventice, qu’on se montre du doigt, étonne : au flanc du monstre, il semble si petit qu’on se demande comment il a pu dégorger assez de matière pour former cette sombre muraille que prolongent et compliquent des éboulements, des îlets, des amas indécis mordus par le ressac. » Hervé Bazin – Les bienheureux de La Désolation – Éditions du Seuil (Collection Points) *

Bon vent, les marins!

 

*credits:  http://www.vendeeglobe.org/fr/actualites/16347/les-bienheureux-de-la-desolation

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